Sorti le 25 septembre 2024, le film Emmanuelle version 2024 était présenté en compétition.
Dans cette version post « me too », la réalisatrice Audrey Dewan (qui est également à l’origine du film « le l’évènement » qui avait été évoqué par Regards Croisés lors d’un précèdent évènement) nous présente une relecture moderne du livre d’Emmanuelle Arsan qui a déjà été adaptée à plusieurs reprises. Elle est cette fois-ci une experte qui évalue les hotels de luxe dans le monde. Au cours d’un séjour à Hong Kong, elle va tenter de se redécouvrir.
Dans cette relecture, le « female gaze » ou « regard féminin » est une part essentielle au recit. En effet, là où l’adaptation la plus connue était racontée avec un regard masculin, la réalisatrice met en scène Noémie Merlant et ses aventures pour retrouver un plaisir perdu de manière plus douce, empathique, sublimée et jamais vulgaire ce qui n’etait pas chose aisée quand on connait l’histoire et la crudité de certaines scènes. La joliesse, bien que froide, des décors vient en écho à ce personnage perdu dans sa solitude et en déconnexion avec son corps et son plaisir.
Bien que doté d’une réalisation chic (et peut-être même un peu trop), le film se perd dans une galerie de personnages qui accompagnent l’héroine dans son parcours initiatique, certains n’etant que des éléments méta à l’histoire. Malgré le talent de Noémie Merlant, le lien émotionnel avec son personnage n’est pas chose aisée et raccourcir certains passages auraient mérité d’être raccourcis.
Heureusement, la dernière partie du film vient balayer tout cela et ouvrir de nouvelles portes permettant au film de finir sur une note positive.
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