Michael Brice

Bonjour Michael Brice, pourriez-vous vous présenter en quelque mots :

Bonjour à tous, je m’appelle Michael Brice, j’enseigne l’italien et la culture générale dans 3 écoles privés de Nice. Je suis également écrivain à mes heures perdues, sans oublier mes interventions au concours de plaidoiries de l’association culturelle Regards Croisés.

Expliquez-nous l’histoire de ce livre, comment est-il né ?

« Contre toute attente » est une nouvelle que j’ai écrit dans un besoin de renouvellement à la suite de mon 1er roman « A la lueur de demain ». Inabouti, c’est comme si mes personnages me réclamaient une finition, sans que je ne sache comment rebondir dessus. Je l’ai repris quelques mois après pour les retravailler et en faire un livre.

La complexité d’une nouvelle est d’avoir une chute inattendue, c’est pourquoi j’ai basé toute la nouvelle sur l’inattendu pour chaque chapitre afin de surprendre les lecteurs. Je voulais me challenger en me prouvant que je savais faire autre chose que du roman. Il m’a fallu 4 mois pour atteindre mon objectif.

Vous traitez des attentats de Nice qui reste un sujet sensible, car relativement récent. ¨Pourquoi avez-vous pris ce risque ?

C’était une thérapie, car j’étais dans ce mouvement de foule. J’ai eu besoin d’en parler, même si je n’étais pas aussi impliqué que mes personnages, mais à condition d’avoir du recule pour être le plus objectif possible. C’est certainement pour cela que je suis passé par la fiction pour coucher mes propres maux. J’avais aussi cette crainte permanente d’offenser les niçois ou du moins les victimes les plus impliquées, d’où la note de l’auteur que j’ai pris le temps d’écrire pour balayer tous les doutes.

Je pense qu’il est de mon rôle et celui des écrivains d’être les témoins de leur temps en réalisant un héritage pour notre descendance. Les générations à venir ont très peu de témoignages historiques de cet attentat en dehors des manuels d’écoles et journaux. C’est en achevant le 1er chapitre que cette pensée m’a m’obsédé.

C’est assez curieux quand on pense que :

VICTORE HUGO sorté à mon âge LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNE pour conscientiser les lecteurs sur la peine de mort.

DE MAUPASSANT a écrit au 19 siècle BEL AMI pour montrer la monté en puissance de la ville.

EMILE ZOLA a écrit LA BETE HUMAINE pour décrire la révolution industrielle.

Je voulais, par cette œuvre, libérer la parole des victimes, qu’elles aient le temps d’en parler et surtout de leur dire qu’elles ne sont pas seules.

Votre précédent livre traite de sujets tout aussi fort comme l’IVG ou les problèmes liés à la drogue. Êtes-vous un écrivain engagé ?

Je ne sais pas, j’aime observer notre société, puis la retranscrire dans mes livres à travers les questionnements et cheminements de mes personnages. Rentrer dans leur tête, partager leurs réflexions de manière à ce que chacun puisse s’identifier et comprendre au plus près l’action de l’autre. J’aime réunir, parfois même confronter les personnages sur des idées. Engagé oui, mais vis-à-vis de la société actuelle, par la littérature, dans un devoir de mémoire que je léguerais comme un héritage propre au début du 21ème siècle. Pourquoi pas aller dans ce sens et plus tard m’engager, peut-être pas politiquement, mais en tout cas interagir sur certaines réformes.

Finalement le sujet que vous abordez principalement dans cette nouvelle est l’emprise psychologique. L’avez-vous vécu ou vous êtes-vous inspiré de quelqu’un pour en parler ?

Lorsque j’ai écrit mon 1er roman, qui est devenu peu à peu un livre, je savais très bien comment j’allais finir. Idem pour le 2ème qui n’est pas encore sortie, je connaissais toutes les scènes et la direction que je prenais. Contrairement à cette nouvelle qui a été pleine de surprises. C’est comme si les personnages communiquaient avec moi. Je n’ai pas été victime d’une emprise psychologique, j’ai plutôt cédé à mon imagination.

Question signature ! Qu’aimeriez-vous nous faire découvrir en terme culturel ? Ca peut être un livre, un lieu, un plat ou autre ….

J’ai décidé de vous parler du livre « UNE VIE » qui commence en racontant l’histoire d’une adolescence qui s’ennuie en lisant des livres à l’eau de rose. L’auteur nous le fait d’ailleurs ressentir par la lourdeur des 2 premiers chapitre. Jusqu’au jour où elle se marie, devient une femme et découvre ce que peut réserver une vie de couple. C’est plein de rebondissements. L’auteur n’est autre que GUY DE MAUPASSANT, une de mes idoles. Contrairement aux auteurs actuels qui ne prennent pas de risque et racontent souvent les mêmes histoires, lui a su se renouveler. Il s’est inspiré de MADAME DE BOVARY de FLAUBERT qu’il admirait beaucoup pour dessiner le personnage de JEANNE, mais tout en se démarquant. Le changement d’époque, donc de mode est aussi très intéressant. On passe d’un style romantique où on aime à faire croire aux jeunes filles des histoires d’amour qui n’existent pas à un style réaliste. Le monde évolue et on n’hésite plus à parler de tabous.

Nous remercions l’auteur Michaël Brice d’avoir pris le temps de répondre à toutes nos questions, dans la joie et la bonne humeur.

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