« Mange, prie, aime » (Ryan MURPHY)

Acteurs principaux : 

Julia ROBERTS, Richard JENKINS, James FRANCO 

Genre : 

Drame 

Disponible sur Netflix :

Résumé Allociné : 

Après un divorce difficile, Liz GILBERT décide de prendre une année sabbatique et de changer de vie. Elle entame alors un périple initiatique qui va l’emmener au bout du monde et d’elle-même. Lors d’un voyage aussi exotique que merveilleux, elle retrouve l’appétit de vivre et le plaisir de manger en Italie, le pouvoir de la prière et de l’esprit en Inde, et de façon tout à fait inattendue, elle trouvera la paix intérieure et l’amour à Bali. 

Mon avis : 

Je connaissais le réalisateur Ryan MURPHY (existe-t-il encore des personnes qui ne le connaissent pas ?) pour ses séries à succès : Nip/tuck, Glee, American Horror Story, Hollywood, The politician… Je suis fan de son univers qu’il construit autour de personnages atypiques, en marge de la société. Je le découvre, cette fois-ci, aux commandes d’une production cinématographique (financée en partie par Brad PITT soit dit en passant). 

Le film est tiré d’un livre et plus précisément un biopic. Par conséquent, j’en conclu donc qu’il tournera autour d’un destin exceptionnel. A vrai dire, la première fois que j’ai vu ce film, j’étais en troisième année à l’université, en 2014. Mes amis allemands/italiens, qui étudiaient à Nice grâce au programme ERASMUS, m’avaient vivement conseillé de le regarder. Cette production les avait incités à partir. Je l’ai donc regardé en leur compagnie et tentais de comprendre leurs motivations à quitter leur famille, leurs terres d’origine si jeune. Il m’a fallu seulement quelques minutes pour comprendre que dans cette œuvre résidait un joyau. 

D’accoutumée, un individu consomme des centaines de films au cours de son existence (pourquoi est-ce la doublure française de la voix de Julia ROBERTS qui résonne dans ma tête à l’écriture de ces lignes ? J’ai dû bien m’imprégner du personnage qu’elle incarnait.). Certaines productions visent à nous divertir, des petits encas qui vont nous faire passer le temps. D’autres seront davantage portées sur la réflexion et viseront à nous instruire. Enfin, et ce sont généralement les films que l’on préfère, le cinéma permet également de se sentir plus vivant que jamais en élevant nos émotions à leur paroxysme. Mange, prie, aime m’a permis de réaliser qu’il existe une autre catégorie, bien plus rare et par cet effet plus précieuse : les films qui nourrissent votre âme, qui vous apportent humainement. Je m’en suis ressorti grandi et c’est pourquoi je vous prie d’avance de m’excuser pour le manque d’objectivité de cette chronique. 

C’est l’histoire de Liz (l’auteure ne s’est pas cachée derrière un personnage comme elle se nomme Elizabeth) qui, du haut de ses 32 ans, a tout pour elle : un mari avocat, la carrière (elle est également écrivaine, donc le processus d’identification a été rapide pour ma part), la grande maison. Elle a atteint le rêve américain. Liz a bien conscience qu’elle détient toutes les clés en main pour être heureuse mais quelque chose lui échappe. C’est un sentiment. Un vide plus précisément. Et celui-ci s’assimile à ce que je nommerai l’accomplissement. 

C’est pourquoi elle tentera de trouver des réponses à ses questions en allant consulter un guérisseur spirituel qui lui prédit d’emblée deux mariages. Il n’est pas difficile d’en déduire que le sien, assez morne à ses yeux, battra de l’aile dans les mois à venir. Le soigneur lui fait prendre conscience de tous les sacrifices qu’elle a commis pour se conformer aux exigences de la société et réussir. Il lui demande donc, après son divorce, de faire un voyage d’un an. Les recommandations du sage sont très fermes. Liz se rendra en Italie pour retrouver l’appétit de vivre en mangeant (adieux la silhouette parfaite de la businesswoman, il faut arrêter de se priver), puis en Inde pour apprendre à méditer et focaliser son esprit (et ainsi, se débarrasser de cette manie occidentale d’être polyvalent et de faire plusieurs choses en même temps, de se disperser) et enfin en Indonésie, à Bali, pour trouver l’amour. 

A vrai dire, le voyage ne commence qu’au bout de 45 minutes du film. Donc si vous aviez déjà préparé votre sac de randonnée, votre dictionnaire multilingue pour vivre avec Liz son épopée, il faudra attendre un peu et ranger de côté vos affaires pendant quelques instants. Car, comme on peut le voir, l’écrivaine ne se débarrasse pas de ses 32 années de réussite aussi facilement. Avant de se jeter à corps/coeur perdu dans l’aventure, l’héroïne fait un premier pas en demandant le divorce. Elle sort peu à peu de sa zone de confort. Mais il faut du temps. Et comme la vie n’est jamais facile (on rappelle qu’il s’agit d’une histoire vraie!), son mari ne signera pas de suite. Il ne veut pas renoncer à elle. 

En attendant qu’il se décide et qu’il suive son chemin vers l’acceptation, Liz ne se laisse pas abattre et succombe aux charmes d’un homme plus jeune qu’elle, interprété par James FRANCO (en même temps, avec sa belle bouille, on ne peut que la comprendre !). C’est ainsi qu’elle entame dès lors, quelques jours après sa séparation, une nouvelle relation (que je vis, il faut l’avouer, par procuration). Il est important de souligner, que ce couple qui est en train de se former, a matière à fonctionner. Liz est auteure, David est acteur de théâtre. Tout est donc art à leurs yeux. David, de par son métier, sait analyser et anticiper les besoins de sa partenaire. David est animé par l’envie de connaître autrui et de le protéger. Il aime échanger autour de longs dîners aux chandelles, il réfléchit, il est ouvert à la spiritualité, il médite, il ne désire pas que l’on fasse de mal aux animaux, il est donc végétarien. De ce fait, David représente ce dont elle avait besoin après toutes ces années de mariage : de la légèreté. Il s’habille de manière décontractée (presque hipster), il joue du ukulélé, il est avenant, il n’a pas peur de parler de ses sentiments. David va même jusqu’à lui plier son linge ! Mais rien n’y fait, Liz se sent toujours aussi vide. Elle est dans l’attente de quelque chose, qui n’arrive pas. 

C’est pourquoi, ni une ni deux, elle décide de suivre enfin les conseils du sage et de partir, à présent que le divorce vient d’être prononcé officiellement. C’est donc avec courage (oui ! je pèse bien mes mots ! Il faut du COURAGE pour oser quitter James FRANCO et sa mine de chien abandonné sur le perron) qu’elle entame un nouveau chapitre de sa vie. 

Jacques LACCARIERE écrivait dans « Le Monde » en 1983 qu’il existe deux types de touristes : les « voyagés » et les « voyageurs ». Si l’on se réfère à ce qu’il avance, le journaliste-écrivain qualifie de « voyagés » les individus qui désirent vivre le même train de vie qu’ils détiennent déjà mais de manière plus édulcorée. Ces personnes ne s’intéresseront qu’aux lieux touristiques. Il en sera différent de Liz, le personnage principal, qui va peu à peu adopter les coutumes des différents pays. Elle deviendra dès lors, au fil du film, une voyageuse.

Et c’est donc en Italie que commence le périple. Sans trop vous en dire, (car j’ai bien conscience que c’est le moment auquel je dois doucher mon enthousiasme pour vous laisser la surprise), Liz va s’adonner très facilement à cette nouvelle culture qui propulse les glucides comme un art de vivre. La lumière est chaleureuse, tout comme les gens. Les stéréotypes italiens que l’on affectionne tant vont aller bon train, ce qui ne m’a pas laissé insensible au comique, au second degré, qui a réchauffé mon coeur. Entre deux rires, l’écrivaine va apprendre une précieuse leçon de vie autour de ce décor antique, ce qui lui permettra d’aller de l’avant et de passer à son prochain voyage. 

L’Inde est différente. Il faudra un grand temps d’adaptation à Liz. On aborde des thématiques plus sérieuses comme le mariage forcé, la volonté de s’émanciper de la femme, les traditions. L’auteure va rencontrer une autre célébrité (fait réel) dans les temples où elle se rend. Elle se rend compte qu’elle n’est pas la seule que la société capitaliste a brisé. Elle va apprendre à se recentrer. 

Et enfin l’Indonésie, Bali sera la destination de l’amour. On n’approfondira pas les particularités de cette destination (car tout simplement, on se concentrera sur ce que Liz a à vivre). L’étape essentielle de sa vie. 

Au terme de cette chronique, on peut affirmer que Mange, prie, aime a conquis le cœur du grand public. La fraîcheur de Julia ROBERTS, l’authenticité de l’histoire et enfin le réalisateur ont réussi à véhiculer le message désiré et surtout à changer les mentalités. Même si les élitistes, les intellectuels ont reproché à ce film le manque de spiritualité auquel il prétendait, je peux dire que personnellement, l’œuvre m’a beaucoup apporté. Un témoignage qui méritait d’être partagé. Car, après tout, n’est-ce pas là la recette du bonheur ? Le partage ? La rencontre avec autrui ? N’hésitons pas à sortir de notre long fleuve tranquille, à partir à l’aventure pour trouver ce dont on a besoin. Alors, tous ensemble, ATTRAVERSIAMO !

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