Faut-il avoir peur de la vitesse ?

Que ce soit par le biais des transports en commun, par la quête de rentabilité ou l’accroissement du débit de notre connexion internet, la vitesse est omniprésente dans la société.
Celle-ci est l’une des caractéristiques du monde moderne. Selon vous, faut-il en avoir peur ?
Il sera présenté tout d’abord les bénéfices de cette dernière puis ses dérives.

La révolution industrielle du XIXème siècle a offert à l’individu un confort de vie. Le métro et le téléphone ont contribué à renforcer la sociabilité et ont été des acteurs importants dans la vie économique. Il en est de même pour le train qui a offert une nouvelle perception visuelle du monde. Les premiers trains (allant à 50 kilomètres heure) proposait la même prestation que le cheval (aller d’un point A à un point B), en battant le record de temps proposé. Victor HUGO partage une de ses premières expériences dans son œuvre Voyage en Belgique. En effet, l’auteur (qui était un exilé politique) doit multiplier les voyages entre la France et son pays. Il s’émerveille devant la fenêtre du train. L’écrivain engagé informe que la vitesse se concentre uniquement sur l’essentiel. La vision est modifiée. Les arbres sont perceptibles mais ils “dansent” (on remarque la personnification). Les fleurs, en revanche, se transforment en tâches. La vitesse devient ici grisante.

Par ailleurs, la rapidité a contribué à l’émancipation féminine au cours du siècle suivant, le XXème siècle. En effet, Serge GAINSBOURG et Brigitte BARDOT emploient la musique comme un instrument de réponse au débat soulevé en France sur la légalisation de la contraception en 1967. Dans le morceau Harley Davidson, la chanteuse ne cesse de répéter que la vitesse de la moto lui donne une indépendance “Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson ». Au-delà de cet aspect, elle ira jusqu’à personnifier l’objet en l’érotisant “Quand je sens en chemin les trépidations de ma machine, il me monte des désirs dans le creux de mes reins”. Ce moyen de transport a permis à la femme de pouvoir se déplacer, sans faire appel à un éventuel époux (ou plus particulièrement dans ce cas-là, son amant). La vitesse donnerait lieu ici à la liberté.

Cependant, on ne compte plus les effets délétères provoqués par ce rythme effréné. Elle déclenche le cortisol (hormone du stress), ce qui a une incidence sur la productivité des salariés. En effet, comme le précise la bloggueuse La Consultante Énervante qui reporte les chiffres d’une étude Sciforma 2010 dans son article NTIC et interruptions incessantes au travail : un coût humain colossal , un employé est interrompu en moyenne toutes les 12 minutes par le biais de ses messages personnels ou professionnels. Il peut s’agir également de fenêtres pop-up (publicitaires). Un cadre, quant à lui, ne peut se concentrer sur sa tâche plus de 7 minutes avant d’être interrompu par un message. L’entreprise en paie les frais car du temps est perdu sur la tâche à effectuer et, l’attention au plus bas, l’erreur est propice, celle-ci peut aller jusqu’au procès (devis mal rédigé etc.)

De même, la vitesse est une menace pour l’écologie. La propagation des fake-news est nocive comme l’explique Dominique BOULLIER dans son essai Lutter contre le réchauffement médiatique. Des entreprises comme Google ou Facebook hébergent des fermes de serveur au Groënland. Chaque action (like, commentaire, partage) réchauffe ces centrales. 1 Mo téléchargé entraîne 15 grammes de CO2. Les fake-news sont les plus dangereuses car elles ont pour but de provoquer l’émoi de l’internaute qui partagera très vite cette dernière. Cette désinformation entraînera de nombreuses réactions virtuelles qui réchaufferont la planète… pour rien ! Il convient donc au citoyen éclairé de vérifier ses sources avant de prendre la peine de partager.

Au terme de cette analyse, il a été vu que la vitesse a permis, notamment grâce à l’électricité, de multiplier les possibles et d’avoir un autre regard sur le monde. Toutefois, la tyrannie de la rapidité se fait très vite ressentir sur l’humanité.
Aujourd’hui, la métropole de Nice, sensible à cet argument, tend à être une slow city en mettant en place des dispositifs visant au ralentissement des véhicules au centre-ville et en multipliant les espaces de quiétude. Reste à savoir s’il est possible d’équilibrer dynamisme culturel (la ville aimerait devenir la capitale européenne de la culture) et tranquillité.

Michaël BRICE

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