L’implication dans une cause collective est-elle plus efficace que l’action individuelle ?

Si l’on se réfère à la pyramide de Maslow, l’appartenance à un groupe, à un collectif, serait le troisième besoin que l’individu porterait. Les marques utilisent cette donnée pour créer des communautés autour de leurs produits, ainsi que des métiers comme les community managers etc. Il est important de noter que le collectif apporte une nouvelle dynamique et permet de faire entendre sa voix. Exemplaire est en ce sens le mouvement #MeToo qui a incité les femmes en 2017 à dénoncer les persécuteurs de violences sexuelles. Toutefois, dans un groupe, chacun perd son individualité, par le biais des compromis.
Dans ces conditions, il serait intéressant de se demander si l’implication dans une cause collective est-elle plus efficace que l’action individuelle ?
Il sera analysé le peuple comme un moteur de l’action collective puis la force de l’individu, seul.

Pour accomplir un projet important, il est primordial que l’être soit entouré de bonnes énergies, de personnes qui mettront leurs compétences au service de la réussite dudit dessein. David HUME, philosophe écossais du XVIIIème siècle, écrit dans son Traité de la nature humaine que l’Homme est plus fort en société. Il part du principe que chaque individu détient des forces et des faiblesses. A plusieurs, la productivité pourrait s’accroître grâce à la répartition des tâches, la conjonction des forces serait augmentée car l’un pourrait suppléer aux déficiences de l’autre et enfin, l’assistance mutuelle éviterait certains accidents de la vie. De même, en procédant à l’échange de connaissances, les individus formeraient un même corps, ce qui renforcerait des valeurs comme l’égalité sociale en termes d’éducation et de savoir-faire.

De même, l’union à travers une cause commune confère plus de puissance à la voix. Emile ZOLA s’inspire des grèves sanglantes du bassin minier d’Anzin au XIXème siècle dans Germinal. En effet, le roman a fait preuve d’une réelle enquête sociologique pour dépeindre des comportements, des personnages, des décors au plus près de la réalité. ZOLA met en lumière le fait que l’action collective fait naître la figure du leader, une individu avec une ambition hors du commun qui réussit à fédérer. Le leader (ici Etienne LANTIER) est choisi naturellement par ses collègues, qu’il appellera “Camarades!”, ce qui souligne l’égalité prônante. Les mineurs se réunissent pour dénoncer leurs conditions de travail extrêmes : entre 12 et 18 heures de travail par jour, des salariés qui n’ont pas accès à la lumière du jour, un air nocif, des enfants sur le terrain dès le plus jeune âge… Cette action collective fera naître le germe des luttes syndicalistes, ce qui s’avérera efficace pour les siècles suivants.

Néanmoins, l’individu, seul, détient d’infinies ressources. Son action peut avoir un réel impact sur la société. Il peut être cité le cas des lanceurs d’alerte qui sont des personnes qui révèlent de manière désintéressée un crime, un délit, une menace ou un préjudice grave pour l’intérêt général. Larry GONICK et Tim KASSER se penchent sur le cas de Cynthia COOPER dans leur bande-dessinée Hypercapitalisme qui, comme l’explicite le titre, vise à dénoncer les dérives du capitalisme. COOPER, en 2002, était audit interne chez Worldcom, une entreprise de télécommunication. L’employée, en se penchant sur les comptes, a constaté une fraude de 3,8 milliards de dollars. Elle dénoncera cette infraction auprès des autorités et la rendra publique. Sur la planche consacrée, Cynthia COOPER est représentée avec un sifflet, tel un arbitre qui pense au bien du collectif et non à ses intérêts individuels. Elle a été face à un choix crucial : garder le secret afin de conserver son propre emploi ou bien dénoncer l’injustice pour aller vers un modèle de société plus équitable.

Enfin, refuser de prendre les armes, l’opposition à la violence est une action individuelle. Boris VIAN dans sa chanson Le Déserteur écrit une lettre au président en 1954, expliquant les raisons qui le pousseront à ne pas se rendre à la guerre d’Indochine. En effet, l’artiste raconte comment il a vu sa famille disparaître peu à peu et les souffrances engendrées par ces événements tragiques. La mort le pèse et il considère que l’humanité ne naît pas pour tuer.  Dans ces conditions, déserter devient une action pacifiste, non-violente, préservant la paix en sauvant autrui. Le titre a été vite censuré mais il a été redécouvert dans les années 1970 pendant la guerre du Vietnam.

Au terme de cette analyse, il a été vu que l’implication dans une cause collective permet de rencontrer et de regrouper des personnes qui ont les mêmes combats, la même vision de l’avenir. L’Histoire de l’Humanité s’est écrite autour du mouvement, de l’évolution grâce à des luttes singulières qui sont devenues plurielles avec le temps.
Reste à savoir si notre génération va parvenir à lutter assez fort pour le combat ultime : préserver la planète sur laquelle nous vivons.

Michaël BRICE

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